PSE : les équipes du PGIP-GM formées par le Secrétariat CAFI à Bafia

Les participants à la formation de terrain sur les paiements pour services environnementaux et l’outil CAFI-PES, au Centre Paul VI de Bafia, le 31 juillet 2026. © PGIP-GM

Du 28 au 31 juillet 2026, au Centre Paul VI de Bafia, quatorze membres de nos équipes ont été formés par le Secrétariat CAFI aux paiements pour services environnementaux (PSE) et à l'outil de gestion CAFI-PES. La délégation la plus nombreuse de la session — et, pour le projet, le passage du cadrage à l'opération.

Quand le MINEPAT et le Secrétariat CAFI ont retenu Bafia pour tenir la première formation de terrain aux paiements pour services environnementaux (PSE) au Cameroun, ils ont choisi notre zone d’intervention. Le paysage du Grand Mbam n’était pas seulement le cadre logistique de la semaine : c’est là que les contrats PSE dont il a été question pendant quatre jours seront signés, suivis et payés. Pour le Projet de Gestion Intégrée du Paysage du Grand Mbam (PGIP-GM), financé par la KfW et mis en œuvre avec l’appui de GFA Consulting Group, cette formation était donc moins une session de plus qu’une répétition générale.

Nous y avons engagé quatorze personnes, aux côtés de l’équipe du projet PAMOL — la délégation la plus fournie de la session, sur une quarantaine de participants venus du MINEPAT et des administrations sectorielles, du FODECC, d’IDH, de la société civile et des communautés locales. Agents de terrain, chargés de suivi-évaluation et de gestion des données, coordination de projet : les trois familles de fonctions qui feront tourner le mécanisme chez nous étaient représentées. La formation a été conduite de bout en bout par l’équipe PSE du Secrétariat CAFI, avec l’appui logistique du Projet de Coordination Intersectorielle et Multiniveaux (PCIM).

Agroforesterie et régénération naturelle : le PSE au service des axes du PGIP-GM

Le PSE n’est pas une activité supplémentaire greffée sur le projet. C’est l’instrument financier qui rend tenable ce que nous demandons aux producteurs du Grand Mbam : conserver le couvert forestier, régénérer les surfaces dégradées, intensifier sans défricher. Le principe tient en une phrase — le mécanisme rémunère un résultat vérifié sur le terrain, et non la simple réalisation d’une activité. C’est ce qui le distingue d’une subvention, et ce qui en fait un levier durable pour deux de nos axes.

Les six axes d’intervention du PGIP-GM

  01 Aménagement du territoire — appui aux Plans Locaux d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (PLADDT) des communes pilotes.

  02 Gestion des ressources forestières — régénération naturelle, assistée et non assistée, en forêt comme en savane.

  03 Intensification agricole durable — agroforesterie sur terres cultivées, savane herbacée et sols nus.

  04 Infrastructures rurales — désenclavement des bassins de production.

  05 Valorisation des produits agricoles et forestiers — structuration des filières, stockage, transformation et mise en marché.

  06 Mise à l’échelle nationale — dispositif PSE, système de gestion de l’information et capitalisation.

Les deux activités PSE travaillées à Bafia — agroforesterie et régénération naturelle — alimentent directement les axes 2 et 3, et produisent l’expérience opérationnelle que l’axe 6 devra diffuser au-delà du Grand Mbam.

Le cycle PSE complet en quatre jours

La session, animée par les formateurs du Secrétariat CAFI, avait été préparée le 22 juillet à Yaoundé lors d’une réunion technique réunissant les experts des projets partenaires. Elle a alterné salle et terrain, chaque séquence théorique étant immédiatement rejouée dans l’outil, poste par poste, sur des cas réels.

Chaque séquence théorique était immédiatement rejouée dans l'outil. La formation s'est faite sur la vraie interface, avec de vraies données. © PGIP-GM

La première journée a posé le socle : prérequis de participation, activités éligibles, cycle de vie d’un contrat, niveaux d’autorisation des utilisateurs, puis premiers exercices de pré-candidature en agroforesterie. La deuxième a été consacrée à la candidature complète et à son traitement dans CAFI-PES, avec la simulation des rôles supérieurs — suivi-évaluation, manager, coordonnateur. La troisième a porté sur la régénération naturelle : préparation des couches SIG, inventaire initial des surfaces arborées, évaluation des candidatures, génération et activation des contrats. La quatrième a bouclé le cycle par les visites de suivi — collecte des données de résultat, arbitrage des non-conformités, préparation de la requête de paiement.

« Depuis un an, nous avons délimité des clusters, cartographié des forêts, recensé des ménages. Tout cela restait du diagnostic. Le PSE est le premier instrument qui transforme ce travail en engagement réciproque : nous savons désormais quoi proposer, à qui, et sur quelle parcelle. »

— Dr Julien DUPUY, Conseiller Technique Principal du PGIP-Grand Mbam (GFA), participant à la formation

Quatre conditions avant tout contrat PSE

Elles sont cumulatives, et l’outil les contrôle avant toute contractualisation.

  1. Identification claire et formelle du candidat — pièce reconnue par le gouvernement, identifiant unique ; pour un collectif, une structure communautaire formellement constituée.

  2. Consentement libre, informé et préalable — recueilli en deux réunions publiques, chacune consignée dans un procès-verbal. Un CLIP bien conduit qui aboutit à un refus reste un CLIP réussi.

  3. Droits d’usage fonciers clairs et sans conflit — couvrant la durée du contrat. Pour un petit ménage, une attestation de reconnaissance des droits coutumiers suffit ; le titre reste exigé des grands propriétaires et des sociétés.

  4. Zone éligible à l’activité considérée — au regard du cadre légal, des potentialités biophysiques et des sauvegardes environnementales et sociales.

CAFI-PES, l'outil qui rend la conditionnalité vérifiable

Hugor LUZIZILA DIABIKUA, expert technique du Secrétariat CAFI et formateur principal, présente le portail SIG de CAFI-PES : les parcelles collectées sur le terrain remontent en couches cartographiques vérifiables. © PGIP-GM

CAFI-PES, déjà opérationnel en République démocratique du Congo, accompagne chacune des huit étapes du cycle, de la candidature au paiement. Nos agents collectent la donnée sur formulaires mobiles — photos géoréférencées, relevés GPS, polygones de parcelles — via KoboCollect ; elle remonte ensuite dans une base centralisée où s’organise la chaîne de validation. S’y ajoutent un portail SIG, des alertes de déforestation en temps quasi réel, des contrôles de qualité automatisés et un module de paiement numérique.

Personne ne valide sa propre donnée

Le cycle compte huit étapes : candidature · revue de la candidature · génération et activation du contrat · visite de suivi · revue des données de suivi · approbation · revue de la requête de paiement · paiement. Trois d’entre elles se jouent sur le terrain, formulaire mobile en main ; les autres dans le portail.

La chaîne de validation — avec agrégateur, cinq maillons : agent de terrain → agent de suivi-évaluation → Manager (qui recommande) → agent de suivi-évaluation de l’organisation de mise en œuvre → Coordonnateur (qui approuve). Sans agrégateur, trois maillons. Dans tous les cas, CAFI signe et active.

Du résultat mesuré au paiement

La visite de suivi ne vérifie pas qu’une activité a eu lieu : elle mesure ce qui a été réalisé et le confronte aux critères inscrits au contrat — densité d’arbres, taux de survie, entretien des pare-feux, respect des normes sociales et environnementales.

Un critère non conforme n’annule pas le contrat : il est toléré, suspendu ou rejeté, et une suspension déclenche une visite de remédiation, pas une rupture. Le paiement dû est ensuite recalculé à partir du résultat effectivement mesuré, augmenté des bonus acquis — un contrat signé par une femme, la diversité des essences plantées, le recours à des essences endogènes — et diminué des non-conformités constatées.

C’est le point où le mécanisme se distingue d’une subvention : on paie le résultat mesuré, pas la surface contractée — et la donnée qui l’établit doit pouvoir être vérifiée par un tiers.

Ce que nos équipes ont porté dans les échanges

Abdoulaye NCHANKOU NJOYA , expert données, présente le Dashboord de suivi des résultats sur l'outil de Gestion PSE. © PGIP-GM

La confrontation de l’outil à nos réalités a fait remonter une série de points que nos agents ont portés dans la discussion, et qui figurent aujourd’hui parmi les recommandations consolidées de l’atelier. Sur l’équipement d’abord : l’application de collecte n’étant pas compatible avec les terminaux iOS, le déploiement suppose des équipements Android et une mise à jour des formulaires avant chaque sortie. Sur le foncier ensuite : Le niveau d’exigence documentaire sera harmonisé avec le cadre réglementaire national, élaboré grâce à un travail de contextualisation financé par le CAFI, favorisant ainsi l’intégration de profils variés de bénéficiaires, et notamment l’inclusion des ménages ruraux.

Sur la relation aux producteurs enfin, deux demandes ont fait consensus : ramener le contrat de neuf à trois pages et le rendre intelligible aux producteurs non alphabétisés, et introduire la signature électronique. Nos équipes ont également plaidé pour que les informations collectées auprès d’un groupe d’initiative commune portent sur la personne morale et non sur son seul président, pour la priorisation des paiements bancaires en régénération naturelle, et pour des filtres par agent dans l’outil. Reste un chantier qui nous engage collectivement : la coordination entre projets et sous-guichets, afin qu’un même producteur ne soit pas contractualisé deux fois.

Travaux de groupe : les étapes du cycle PSE, écrites sur papier, à remettre dans l'ordre — le même exercice pour tous. © PGIP-GM

Former des formateurs, pas seulement des utilisateurs

Bruno HUGEL, conseiller technique senior du Secrétariat CAFI et coordonnateur de l'équipe des formateurs. © PGIP-GM

« Nous insistons sur un point qui surprend souvent : une consultation communautaire qui se termine par un refus n'est pas un échec. Elle a fait exactement ce qu'on lui demandait.»

— Bruno HUGEL, conseiller technique senior du Secrétariat CAFI, coordonnateur de l'équipe des formateurs

La session s’inscrivait explicitement dans une démarche de formation de formateurs. Au-delà de la maîtrise technique, l’enjeu pour nous était d’identifier les référents internes capables de former à leur tour les nouveaux membres des équipes. C’est un choix de fond : les équipes de projet évoluent, les agents changent, et la pérennité du mécanisme suppose que la compétence reste dans l’organisation plutôt que de dépendre de missions extérieures répétées. Une évaluation individuelle a clôturé la formation, et un canal d’appui structuré relie désormais nos agents de terrain, ces référents et l’équipe technique PSE du Secrétariat CAFI.

Dr Julien DUPUY, Conseiller Technique Principal du PGIP-GM (GFA), en séance de travail. © PGIP-GM

Et maintenant : le déploiement du PSE dans le Grand Mbam

Les contraintes de déploiement propres au projet — matériel, connectivité, configuration des comptes, articulation avec les dispositifs de sauvegardes — ont été documentées tout au long de la semaine. Elles alimentent la feuille de route de nos prochaines semaines : équiper et configurer les agents, actualiser les formulaires de monitoring de la régénération naturelle, harmoniser les messages de sensibilisation adressés aux communautés du Grand Mbam, et organiser la restitution interne par nos référents.

Le PGIP-GM dispose désormais d’un collectif d’agents formés de bout en bout du cycle, d’un outil éprouvé sur des cas réels et d’une communauté de pratique naissante avec les autres projets du portefeuille CAFI-Cameroun. Les premières candidatures PSE du paysage suivront.

Questions fréquentes sur les PSE

Qu’est-ce qu’un paiement pour services environnementaux ?

Un fournisseur de service environnemental — ménage, producteur ou communauté organisée — s’engage volontairement, par contrat, à mettre en œuvre une pratique favorable à la forêt et aux sols. Il est rémunéré par tranches, à condition que le résultat soit vérifié sur le terrain.

Quelles activités PSE le PGIP-GM déploiera-t-il dans le Grand Mbam ?

Deux activités ont été travaillées à Bafia : l’agroforesterie, sur terres cultivées, savane herbacée et sols nus, et la régénération naturelle, assistée ou non assistée, en forêt comme en savane.

Qui peut bénéficier d’un contrat PSE ?

Tout candidat remplissant les quatre conditions cumulatives rappelées plus haut. La démarche est délibérément inclusive : un petit ménage n’a pas besoin d’un titre foncier, une attestation de reconnaissance des droits coutumiers suffit.

La formation en bref

Dates — 28 au 31 juillet 2026 (4 jours)

Lieu — Centre Paul VI, Bafia — paysage du Grand Mbam

Organisateur — MINEPAT / Équipe Focale CAFI, avec le Secrétariat CAFI

Formateurs — Équipe PSE du Secrétariat CAFI

Appui logistique — Projet de Coordination Intersectorielle et Multiniveaux (PCIM)

Délégation PGIP-GM — 14 personnes avec l’équipe PAMOL (KfW / GFA) — agents de terrain, suivi-évaluation et gestion des données, coordination de projet

Autres participants — MINEPAT et administrations sectorielles (MINADER, MINEPIA, MINFOF, MINDCAF), FODECC, IDH, société civile et communautés locales

Contenu — Prérequis de participation · activités PSE · cycle de vie du contrat · outil CAFI-PES · collecte mobile KoboCollect · pratique en agroforesterie et régénération naturelle · visites de suivi et préparation au paiement

Approche — Formation de formateurs — identification de référents techniques internes

Mots-clés : PGIP-GM · Grand Mbam · PSE · paiements pour services environnementaux · CAFI · CAFI-PES · MINEPAT · KfW · GFA · FODECC · IDH · PCIM · Bafia · agroforesterie · régénération naturelle · renforcement des capacités · Cameroun

Sources : rapport de la formation à l'opérationnalisation des PSE, MINEPAT / Équipe Focale CAFI, juillet 2026 ; termes de référence de la formation de terrain PSE et CAFI-PES ; comptes rendus quotidiens des journées 1 à 4 et de la réunion préparatoire du 22 juillet 2026..

Article rédigé par Stella KONGA, Responsable Communication du PGIP-GM — 4 août 2026.

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