Ngambé-Tikar : le PGIP-GM pose les bases de son déploiement dans le Mbam-et-Kim

Photo de famille des participants à l’atelier de lancement communal du PGIP-GM, Ngambé-Tikar, juin 2026.  © PGIP-GM

Les 4 et 5 Juin 2026, plus de 100 participants se sont réunis à la mairie de Ngambé-Tikar pour le deuxième atelier communal du PGIP-GM. Au programme : trois clusters d’intervention à valider, une situation de référence à établir et un territoire à ausculter, du corridor faunique aux transactions foncières coutumières.

La commune de Ngambé-Tikar a accueilli, les 4 et 5 Juin 2026, l’atelier de lancement communal du Projet de Gestion Intégrée du Paysage du Grand Mbam (PGIP-GM) ainsi que la collecte des données de la situation de référence. Plus de 100 participants ont pris part à cet événement dans la salle Mgbatou Joseph de la mairie : exécutif communal, chefs traditionnels, élites, services déconcentrés de l’État, organisations de producteurs, société civile, représentants des peuples autochtones et partenaires techniques et financiers.

Deuxième étape du déploiement local du PGIP-GM après Yoko, cet atelier avait pour objectif d’engager la mise en œuvre opérationnelle du projet dans la commune et d’établir les bases de la situation de référence nécessaires au suivi et à l’évaluation de ses interventions.

Une cérémonie d’ouverture portée par les autorités locales

Le Maire de Ngambé-Tikar, M. Matthieu BELINGA IYAWA, a ouvert les travaux en saluant le choix de sa commune comme zone pilote, tout en rappelant les défis structurels qui persistent localement, notamment l’accès aux services sociaux de base. Il a souligné que les perspectives de développement de la commune se trouvent désormais renforcées par la mise en œuvre conjointe de plusieurs projets structurants, dont le PGIP-GM.

Le Coordonnateur national du PGIP-GM, le Dr Saïdou HAMADOU, a inscrit l’action du projet au cœur de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) et rappelé le sens du partenariat scellé avec CAFI à Hambourg en octobre 2024. Il a insisté sur le caractère stratégique de l’atelier de Ngambé-Tikar, l’établissement d’une situation de référence locale transparente étant le socle indispensable pour mesurer les impacts réels du projet.

Clôturant la phase protocolaire, le Sous-Préfet de l’arrondissement, M. Guy Bertrand MOMO SOFFACK, a dressé un tableau des réalités locales — pression sur les terres, conflits d’usage, sous-emploi des jeunes et des femmes, forte dépendance aux ressources forestières — avant de qualifier le PGIP-GM de projet porteur de réponses durables sur les plans économique, social et environnemental.

La cérémonie d’ouverture de l’atelier communal, présidée par le Sous-Préfet de Ngambé-Tikar, 4 Juin 2026. © PGIP-GM

Un projet structuré autour de six axes d’intervention

Le Conseiller Technique Principal du projet, le Dr Julien DUPUY, a présenté l’architecture générale du PGIP-GM, doté d’une enveloppe de 20 millions de dollars américains financée par le fonds fiduciaire de CAFI via la KfW, pour une durée de 48 mois (septembre 2025 – août 2029). Le projet s’articule autour de six axes interconnectés : l’appui aux Plans Locaux d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (PLADDT), la gestion des ressources forestières et notamment des Forêts de Grande Valeur à haut stock de Carbone (FGV-C), l’intensification agricole durable, les infrastructures rurales de désenclavement, la valorisation des produits agricoles et forestiers, et la mise à l’échelle nationale — incluant le dispositif de Paiements pour Services Environnementaux (PSE) et la capitalisation des expériences.

À Ngambé-Tikar, ces axes se traduisent notamment par l’accompagnement de la commune dans l’élaboration de son PLADDT, la structuration de quatre filières prioritaires (cacao, palmier à huile, cultures vivrières, produits forestiers non ligneux), la réhabilitation d’infrastructures rurales, et la gestion concertée de 50 000 hectares de FGV-C à l’échelle des quatre communes pilotes du projet.

Trois clusters d’intervention sur le territoire communal

L’expert en Système d’Information Géographique du projet a présenté l’architecture spatiale retenue pour Ngambé-Tikar, subdivisée en trois clusters d’intervention. Ces unités territoriales cohérentes, associant villages, forêts communautaires et forêts à haute valeur de conservation, constituent la maille opérationnelle du projet.

Figure 1 — Carte d’usage de l’arrondissement de Ngambé-Tikar : les trois clusters d’intervention du PGIP-GM (n°5 Kong, n°6 Lonwé, n°6b Ngandié), les unités forestières d’aménagement et les forêts communautaires. © PGIP-GM / Unité SIG, mai 2026

Le Cluster n°5 (98 258 ha), qui associe les villages de Kong, Barki, Junse, Mbangon, Kirbe et Mangon, occupe une position stratégique sur le corridor migratoire faunique reliant le Parc National du Mbam et Djerem à celui de Mpem et Djim — soit, dans la cartographie du projet, la liaison entre les clusters n°3 et n°4.

Figure 2 — Cluster n°5 (Kong) : liaison entre le Cluster n°3 (Mbam et Djerem) et le Cluster n°4 (Mpem et Djim), avec le corridor faunique proposé. © PGIP-GM / Unité SIG, juin 2026

Le Cluster n°6 (76 074 ha), articulé autour de Lonwé, regroupe treize villages et vise la protection des forêts à haute valeur de conservation aux côtés de la gestion durable du pâturage et de l’agroforesterie.

Figure 3 — Cluster n°6 (Lonwé) : bassin d’intensification agricole et de pâturage. © PGIP-GM / Unité SIG, juin 2026

Un troisième cluster, le n°6b (Ngandié), d’environ 93 451 hectares, reste en cours de validation avec les partenaires CAFI et KfW, dans l’objectif d’assurer une couverture plus équitable des zones périphériques et des communautés jusque-là moins représentées.

Figure 4 — Cluster n°6b (Ngandié) : zone de protection et d’intensification agricole, en cours de validation. © PGIP-GM / Unité SIG, juin 2026

Les trois clusters de Ngambé-Tikar

▪  Cluster n°5 — Kong — 98 258 ha, six villages (Kong, Barki, Junse, Mbangon, Kirbe, Mangon). Enjeu : corridor migratoire faunique entre les parcs nationaux du Mbam et Djerem et du Mpem et Djim.

▪  Cluster n°6 — Lonwé — 76 074 ha, treize villages. Enjeu : protection des forêts à haute valeur de conservation, gestion durable du pâturage et agroforesterie.

▪  Cluster n°6b — Ngandié — environ 93 451 ha. Enjeu : couverture équitable des zones périphériques. Statut : en cours de validation avec CAFI et la KfW.

Des travaux techniques pour bâtir la situation de référence

Au-delà de la cérémonie d’ouverture, l’atelier s’est prolongé sur trois groupes de travail thématiques portant sur la validation spatiale des clusters et des forêts à grande valeur de conservation, le recensement des chaînes de valeur et des infrastructures critiques, et la préparation des enquêtes auprès des ménages et des organisations de producteurs.

Les groupes de travail thématiques de l’atelier de Ngambé-Tikar, juin 2026. © PGIP-GM

Les diagnostics ont mis en évidence un territoire communal comptant environ 2 766 ménages, une économie agricole dominée par le maïs (près de 11 000 producteurs), le macabo et le plantain, mais aussi une filière cacao vieillissante et une structuration paysanne encore très faible : sur onze filières analysées, neuf ne disposent d’aucune coopérative. Six axes routiers prioritaires ont par ailleurs été identifiés pour désenclaver les bassins de production, desservant plus de 1 000 producteurs de cultures vivrières et plus de 200 planteurs de cacao-café.

« Ce qui se construit ici avec les acteurs locaux, à partir de la réalité du terrain, servira de référence pour les communes suivantes. »

— Approche paysage du PGIP-GM
Indicateur Valeur Portée
Participants à l’atelier 100+ Autorités, chefs, producteurs, société civile
Clusters d’intervention 3 Clusters n°5, n°6 et n°6b (en validation)
Superficie des clusters 267 783 ha Cumul des clusters n°5, n°6 et n°6b
Ménages recensés 2 766 Sur les localités renseignées
Axes routiers prioritaires 6 Désenclavement des bassins de production
Producteurs de maïs ~11 000 Filière la plus dominante
Filières sans coopérative 9 sur 11 Structuration paysanne à construire
Quotas d’inclusion 30 % / 10 % Femmes / populations autochtones

Des recommandations pour ancrer le projet localement

Les échanges ont souligné la nécessité d’une campagne de sensibilisation d’envergure avant toute intervention opérationnelle, ainsi que l’importance de conditionner les appuis agricoles à l’abandon des feux de brousse, pratique encore répandue pour l’ouverture des parcelles de maïs. La question foncière a également occupé une place centrale, les participants ayant appelé les autorités traditionnelles à réguler plus strictement les transactions coutumières face à l’installation de grands exploitants non-résidents, l’une des causes identifiées de la déforestation accélérée dans la commune.

Prochaine étape : Mbangassina

L’atelier s’est conclu sur l’adoption d’un communiqué final et d’une feuille de route opérationnelle, les autorités administratives et communales réaffirmant leur engagement à accompagner la mise en œuvre du PGIP-GM à Ngambé-Tikar. Le cycle des ateliers communaux se poursuit à Mbangassina, puis à Bokito.

Le déploiement du PGIP-GM, étape par étape

▪  Lancement national — Yaoundé, 20 février 2026

▪  Atelier communal 1 — Yoko, 25 mars 2026

▶  Atelier communal 2 — Ngambé-Tikar, 4 et 5 juin 2026

▪  Atelier communal 3 — Mbangassina, 11 et 12 juin 2026

▪  Atelier communal 4 — Bokito, 15 et 16 juin 2026

Mots-clés : PGIP-GM · Grand Mbam · Ngambé-Tikar · Mbam-et-Kim · CAFI · KfW · GFA · MINEPAT · clusters · corridor faunique · FGV-C · situation de référence · foncier coutumier · Cameroun

Crédits iconographiques : Cartographie © PGIP-GM / Unité SIG. Photographies © PGIP-GM.

Sources : Rapport de l’atelier de lancement du PGIP-GM à Ngambé-Tikar, 4-6 juin 2026 (Unité de Gestion du Projet, juin 2026).

Article rédigé par Stella KONGA, Responsable Communication du PGIP-GM — 11 juin 2026.

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